Docteur Michel Lefrancq
Docteur Michel Lefrancq
Le 27/08/2020 à 17:23
Le COVID-19 affecte-t-il le bon sens ?

Le COVID-19 affecte-t-il le bon sens ?

Le COVID-19 affecte-t-il le bon sens ? (Opinion Lieven Annemans) - MediQuality du 27 août 2020

 

BRUXELLES 27/08 - Imaginez-vous la situation suivante. En tant que grand habitué, vous allumez la télévision à 19h pour le journal du soir. Le présentateur en question commence l'émission avec le nombre de pneumonies causées par des bactéries au cours de la semaine écoulée : le nombre pour la Belgique s'élève à 300. Pire encore, le nombre d'hospitalisations à la suite de ces pneumonies s'élève à 120 la semaine dernière ! Et il y a également 10 décès à déplorer au cours de la même période. Bien évidemment, un bactériologue est appelé en studio et celui-ci explique que si les choses continuent comme ça, nous allons devoir procéder à un lockdown.

"Chaque mort est un mort de trop", s'exclame l'expert. D'autres experts encore demandent la fermeture des écoles, car les enfants peuvent transmettre la pneumonie aux personnes âgées, qui ont le plus de chances de mourir. Les octogénaires ont même jusqu'à 40 % de chances de mourir d'une pneumonie ! Une pneumonie ne signifie rien de moins qu'une condamnation à mort. Un témoin qui a survécu nous raconte combien la réhabilitation est difficile. Les politiciens sont accusés d'être beaucoup trop laxistes à l'égard de la bactérie. Quelques politiciens n'attendent pas qu'un ordre central soit donné et rendent le port du masque obligatoire partout dans leur commune.

Fiction ? Bien sûr : ce scénario serait totalement inédit et irréaliste. Mais les chiffres pour ce seul exemple, eux, sont bien réalistes: en effet, on dénombre chaque année environ 6000 hospitalisations pour cause de pneumonie, et environ 500 décès. Il existe des vaccins contre la pneumonie bactérienne, mais seulement 12 % des personnes de plus de 65 ans sont vaccinées et le vaccin n'est même pas remboursé par l'assurance maladie. Et cela, chers amis, est un fait que nous trouvons tout à fait normal depuis des années. En tant que société, nous acceptons le risque de mourir. Bien sûr, nous faisons tout notre possible pour traiter au mieux la pneumonie, mais nous ne faisons rien ou presque rien pour la prévenir. (Au passage, je pense qu'un tel vaccin mérite tout à fait un remboursement de la part de l'assurance maladie).

Mais maintenant, avec un virus qui était inconnu et imprévisible au début, mais qui a entre-temps déjà révélé beaucoup de ses secrets, le monde est sens dessus dessous car il y a à nouveau une vingtaine d'admissions à l'hôpital par jour. Le scénario fictif et irréaliste décrit ci-dessus se produit maintenant tous les jours pour de vrai. Le sujet domine encore tous les médias. Tant qu'il y aura des personnes infectées par ce virus, même si leur nombre diminue encore pour atteindre quelques dizaines par jour, "notre vie ne pourra pas devenir normale". On prend des mesures qui n'ont aucune logique. Ou comment appeler cela autrement, quand on est obligé de porter un masque alors qu'on se promène tout seul le soir dans une rue déserte de la ville ? Ou dans une forêt ? Nous raisonnons en noir et blanc, ou au mieux en jaune, orange et rouge. Le rétablissement de la situation ne peut, pour ainsi dire, être obtenu qu'au moyen d'un vaccin, alors que, grâce aux progrès en termes de connaissances, le traitement des cas graves est déjà bien meilleur qu'au début et le taux de mortalité dû au virus est proche de celui de la grippe. À cause de la peur du virus, certaines personnes n'osent plus ou ne sont pas autorisées à sortir. Et en conséquence, on voit des crises cardiaques, des cancers et bien d'autres problèmes de santé d'une proportion et d'une gravité qu'on ne croyait plus possibles.

Juste pour être clair, ce premier lockdown était peut-être inévitable, surtout pour sauvegarder notre capacité hospitalière, et aujourd'hui il est encore indiqué de garder ses distances, de porter des masques quand on ne peut maintenir une distanciation sociale de façon prolongée, de veiller à l'hygiène des mains et à la protection digne de nos aînés.

Mais n'avons-nous pas déraillé depuis un certain temps ? Ne sommes-nous pas trop aveuglés par ce virus ? Il y a de la panique ici et là, de l'exagération, de la désinformation et des enchérissements. Les chiffres sont pris hors contexte, nous les gobons la plupart du temps et ne posons pratiquement aucune question sur le pourquoi et sur les effets néfastes de certaines mesures. Comme nous le savons, le virus entraîne souvent une perte d'odorat et de goût. Mais ce n'est pas pour autant que la façon dont nous traitons ce problème doit devenir un fiasco nauséabond ou un spectacle insipide.

"Chaque mort est un de trop" est le tueur ultime, pas seulement au sens figuré, mais aussi au sens propre. Car s'il en était ainsi, que chaque mort est un mort de trop, nous interdirions l'alimentation malsaine, et nous donnerions de lourdes amendes pour le fait de manger un paquet de frites ou de boire un verre de bière, nous interdirions aux gens de fumer (à bien y réfléchir, nous devrions vraiment le faire), nous mettrions en permanence la société en (semi-) lockdown, ou du moins nous ferions en sorte que tout le monde - jour après jour, année après année - tienne ses distances et porte des masques afin de ne laisser aucune chance aux maladies infectieuses dont on pourrait mourir, comme une pneumonie bactérienne ou la grippe, etc. Alors nos vies ne seraient plus des vies.

Nous n'avons jamais fait cela, ça fait des années que nous apprenons à vivre avec le risque et la mortalité. La vie mène à la mort dans 100% des cas. La mort fait partie de la vie. C'est pourquoi nous faisons de notre mieux pour rendre la qualité de vie aussi bonne que possible et nous faisons de même pour la qualité de la mort. Bien sûr, nous essayons de travailler sur notre santé, pour éviter une mort précoce, non pas dans une culture de la peur, mais avec un équilibre entre tous les aspects de notre vie.

Ecoutez, nous avons tous une dose de bon sens. OK, il sera nécessaire de creuser un peu plus chez certains pour le trouver, mais il est là, quelque part. Faisons enfin appel à ce bon sens. Nous n'avons bien sûr pas encore besoin d'organiser des fêtes rassemblant trop de personnes qui se colleront les unes aux autres, sans parler de grands bals masqués. Mais ce qui est déjà faisable, et de préférence immédiatement, c'est d'entamer un processus d'autoréflexion, d'information correcte, de recherche d'équilibre et, ce faisant, de considérer beaucoup plus le droit au travail, à l'éducation, à la culture, à la détente, aux contacts humains, à de bons soins de santé, etc.

A propos

Lieven Annemans est économiste de la santé et du bien-être à l'UGent et à la VUB

 

À propos de l'auteur

Dr Michel Lefrancq, médecin spécialiste - ORL - médecine intégrative

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